{"id":6297,"date":"2015-02-16T12:32:23","date_gmt":"2015-02-16T12:32:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revuegruppen.com\/gruppen\/?p=6297"},"modified":"2018-10-26T01:17:15","modified_gmt":"2018-10-25T23:17:15","slug":"george-jackson","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revuegruppen.com\/gruppen\/george-jackson\/","title":{"rendered":"Jackson"},"content":{"rendered":"<p><strong>George Jackson<\/strong> est n\u00e9 \u00e0 Chicago le 23 septembre 1941. En 1960, il est accus\u00e9 d\u2019avoir vol\u00e9 70$ dans une station service et condamn\u00e9 \u00e0 une peine de prison d\u2019une dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e\u2026 Il n\u2019en sortira plus jamais. Incarc\u00e9r\u00e9 une premi\u00e8re fois \u00e0 la prison de Soledad en 1961, il est transf\u00e9r\u00e9 en 1962 \u00e0 San Quentin. Le racisme et les conditions de d\u00e9tention abjectes qui y r\u00e8gnent le poussent \u00e0 d\u00e9noncer de tels traitements. Sa r\u00e9sistance, et l\u2019engagement politique qu\u2019il nourrit au fil de ses nombreuses lectures seront pour l\u2019administration autant de raisons de repousser ind\u00e9finiment sa lib\u00e9ration.<br \/>\nEn 1966, il lance des groupes d\u2019\u00e9tudes portant sur les travaux de penseurs tels que Marx ou Fanon, puis fonde avec W. L. Nolen la Black Guerrilla Family, un groupe r\u00e9volutionnaire qui entend combattre le racisme et d\u00e9fendre la dignit\u00e9 des prisonniers. Il devient, ce faisant, au coeur m\u00eame du monde carc\u00e9ral un membre actif de cette lutte arm\u00e9e qui se d\u00e9veloppe au m\u00eame moment \u00e0 travers les \u00c9tats-Unis sous des formes vari\u00e9es.<br \/>\nAu d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 1969 il est renvoy\u00e9 \u00e0 Soledad. Le 13 janvier 1970, un groupe de prisonnier, constitu\u00e9 de dix blancs parmi les plus racistes et de sept noirs connus pour leur engagement politique, est amen\u00e9 \u00e0 \u00ab inaugurer \u00bb une nouvelle cours int\u00e9rieure de la prison. Le pi\u00e8ge tendu par l\u2019administration ne manque pas de fonctionner et une bagarre \u00e9clate rapidement entre blancs et noirs. Opie G. Miller, un gardien (tireur d\u2019\u00e9lite) ouvre le feu \u00e0 la mitrailleuse du haut de sa tourelle et tue trois des noirs : Alvin Miller, Cleveland Edwards et W.L. Nolen. Un blanc, Billy D. Harris, est bless\u00e9 \u00e0 l\u2019aine et perdra un testicule. Quelques jours plus tard, le Grand Jury de la cour de Monterey \u00ab blanchit \u00bb Opie G. Miller en affirmant qu\u2019il s\u2019agit d\u2019\u00ab homicides justifi\u00e9s \u00bb. Une demi heure apr\u00e8s que les d\u00e9tenus ont entendu le verdict diffus\u00e9 \u00e0 la radio, le gardien John V. Mills est retrouv\u00e9 mourant dans une aile de la prison apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 battu et jet\u00e9 d\u2019un des \u00e9tages sup\u00e9rieurs. Ceux que l\u2019on appellera d\u00e9sormais les Fr\u00e8res de Soledad (George Jackson, John Clutchette et Fleeta Drumgo) sont accus\u00e9s du meurtre.<br \/>\nGeorges Jackson qui purge pour ainsi dire une peine \u00e0 vie se voit ainsi, avec cette nouvelle accusation, menac\u00e9 d\u2019une condamnation \u00e0 la peine capitale. Angela Davis, membre du Black Panther Party dont Georges Jackson deviendra bient\u00f4t l\u2019une des figures embl\u00e9matiques, prend tr\u00e8s vite la t\u00eate du comit\u00e9 de d\u00e9fense des Fr\u00e8res de Soledad. Il s\u2019agit pour Angela Davis d\u2019une affaire mont\u00e9e de toute pi\u00e8ce en vue d\u2019\u00e9liminer un r\u00e9volutionnaire dangereux qui s\u2019\u00e9tait mis \u00e0 organiser ses camarades prisonniers. Au cours des mois suivants se d\u00e9roule aux d\u00e9pens des 3 de Soledad, une proc\u00e9dure entach\u00e9e de nombreuses irr\u00e9gularit\u00e9s.<br \/>\nEn juin 1970, Georges Jackson est de nouveau transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 la prison de San Quentin.<br \/>\nLe 7 ao\u00fbt, profond\u00e9ment r\u00e9volt\u00e9 par l\u2019emprisonnement et l\u2019injustice qui touchent son fr\u00e8re, et alors qu\u2019\u00e0 travers le pays un nombre croissant de noirs am\u00e9ricains luttent avec acharnement contre le racisme et les lynchages dont ils sont r\u00e9guli\u00e8rement les victimes, Jonathan Jackson, \u00e2g\u00e9 de 17 ans, se rend au tribunal de San Raphael o\u00f9 se d\u00e9roule le proc\u00e8s d\u2019un autre d\u00e9tenu de San Quentin, James McClain, accus\u00e9 d\u2019avoir poignard\u00e9 un surveillant. \u00c9tant parvenu \u00e0 introduire des armes \u00e0 feu dans le tribunal, il en remet une au prisonnier ainsi qu\u2019\u00e0 deux autres d\u00e9tenus pr\u00e9sents comme t\u00e9moins, Ruchell Magee et William A. Christmas. Les quatre hommes prennent en otage le juge Haley, le procureur Gary Thomas, ainsi que trois femmes parmi les jur\u00e9s, Maria Elena Graham, Doris Whitmer et Joyce Rodoni. \u00c0 la police et aux journalistes, qui les voient sortir avec les otages pour s\u2019enfuir avec la camionnette qui les attend \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, Jonathan d\u00e9clare : \u00ab Nous sommes r\u00e9volutionnaires. Lib\u00e9rez aujourd\u2019hui les Fr\u00e8res de Soledad, avant 12h30. \u00bb Alors que leur v\u00e9hicule d\u00e9marre, une fusillade \u00e9clate avec la police au cours de laquelle seront tu\u00e9s Jonathan Jackson, James McClain, William A. Christmas et le juge Haley. Les autres sont plus ou moins gri\u00e8vement bless\u00e9s. Ruchell Magee, unique militant \u00e0 avoir surv\u00e9cu ce jour-l\u00e0 fut par la suite condamn\u00e9 \u00e0 la prison \u00e0 vie. Angela Davis qui est accus\u00e9e d\u2019avoir fourni les armes de cette prise d\u2019otages sera bient\u00f4t arr\u00eat\u00e9e \u00e0 New-York, emprisonn\u00e9e 22 mois, puis en d\u00e9finitive lib\u00e9r\u00e9e en juin 1972. Georges Jackson publie cette m\u00eame ann\u00e9e 1970, <em>Les Fr\u00e8res de Soledad \u2014 Lettres de prison de George Jackson<\/em>, un ouvrage qui r\u00e9unit pour l\u2019essentiel sa correspondance de 1964 \u00e0 1969, livre depuis devenu c\u00e9l\u00e8bre, et qu\u2019il d\u00e9die alors \u00e0 sont fr\u00e8re Jonathan. La tentative de son fr\u00e8re pour le lib\u00e9rer ainsi que le soutien grandissant dont il b\u00e9n\u00e9ficie \u00e0 travers le monde ne feront qu\u2019accro\u00eetre l\u2019hostilit\u00e9 de la justice \u00e0 son \u00e9gard.<br \/>\nLe samedi 21 ao\u00fbt 1971, apr\u00e8s 12 ans d\u2019emprisonnement pour avoir \u00e9t\u00e9 complice d\u2019un vol de 70$, et trois jours avant son jugement, Georges Jackson est tu\u00e9 \u00e0 la prison de San Quentin au cours de ce que les autorit\u00e9s affirmeront avoir \u00e9t\u00e9 une tentative d\u2019\u00e9vasion. Trois autres d\u00e9tenus, ainsi que trois gardiens, perdront la vie ce jour l\u00e0.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>George Jackson est n\u00e9 \u00e0 Chicago le 23 septembre 1941. En 1960, il est accus\u00e9 d\u2019avoir vol\u00e9 70$ dans une station service et condamn\u00e9 \u00e0 une peine de prison d\u2019une dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e\u2026 Il n\u2019en sortira plus jamais. 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