{"id":4249,"date":"2013-02-26T19:51:39","date_gmt":"2013-02-26T18:51:39","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revuegruppen.com\/gruppen\/?p=4249"},"modified":"2019-05-13T09:56:38","modified_gmt":"2019-05-13T07:56:38","slug":"sitaudis-fevrier-2013-gruppen-n6-par-matthieu-gosztola","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revuegruppen.com\/gruppen\/sitaudis-fevrier-2013-gruppen-n6-par-matthieu-gosztola\/","title":{"rendered":"Sitaudis"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-8834 size-thumbnail aligncenter\" src=\"https:\/\/www.revuegruppen.com\/gruppen\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/logo-sitaudis-fcb-200x200.gif\" alt=\"logo SITAUDIS\" width=\"200\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/www.revuegruppen.com\/gruppen\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/logo-sitaudis-fcb-200x200.gif 200w, https:\/\/www.revuegruppen.com\/gruppen\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/logo-sitaudis-fcb-100x100.gif 100w, https:\/\/www.revuegruppen.com\/gruppen\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/logo-sitaudis-fcb-400x400.gif 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.revuegruppen.com\/gruppen\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/SITE-SITAUDIS.png\">\u00a0<\/a>Gruppen n\u00b06 par Matthieu Gosztola<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Revue int\u00e9ressante qui vise \u00e0 rapprocher les champs de r\u00e9flexion, ainsi que les arts, et \u00e0 faire en sorte que les uns et les autres, dans leurs rythmes et leurs sens propres, s&rsquo;\u00e9lucident mutuellement. \u00c0 cet \u00e9gard, la fa\u00e7on qu&rsquo;a S\u00e9bastien Mirav\u00e8te de rapprocher Bergson et Kaddouch (p\u00e9dagogue et musicien) dans \u00ab Le philosophe et le p\u00e9dagogue, Henri Bergson et Robert Kaddouch \u00bb t\u00e9moigne exemplairement de la ligne directrice de la revue, num\u00e9ro apr\u00e8s num\u00e9ro. \u00ab Il est rare \u00bb, r\u00e9sume Mirav\u00e8te \u00e0 propos de ces deux penseurs, \u00ab que deux pens\u00e9es aboutissent \u00e0 des conclusions semblables sur des points qui leur sont essentiels. Il est encore plus \u00e9tonnant que cela se produise quand chaque pens\u00e9e ignore compl\u00e8tement le contenu de l\u2019autre, et \u00e9labore sa conception dans une situation professionnelle, historique et intellectuelle absolument distincte \u00bb.<\/p>\n<p>\u00c0 ce constat concernant la revue dans son ensemble, il faut ajouter celui-ci : est pr\u00e9sente comme invisible charpente, ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e, la volont\u00e9 d&rsquo;\u00e9clairer certaines notions. L&rsquo;\u00e9thique par exemple : \u00ab [\u2026] une activit\u00e9 est \u00e9thique lorsqu\u2019il existe une correspondance ou une corr\u00e9lation entre connaissance et action, ceci par l\u2019interm\u00e9diaire de l\u2019autre, d\u00e9fini comme non individuel. De plus, cette corr\u00e9lation ou correspondance doit \u00eatre authentique, c&rsquo;est-\u00e0-dire en relation avec ce que l\u2019on vit, ce que l\u2019on veut ou d\u00e9sire r\u00e9ellement faire \u00bb (Bartolom\u00e9 Ferrando, \u00ab Quelques r\u00e9flexions sur l\u2019art-action \u00bb, traduit de l\u2019espagnol par Odile Cass\u00e8de). Le hasard : c&rsquo;est, selon Hans Arp, \u00ab une partie restreinte d\u2019un ordre inaccessible, \u00e0 la marge du causal. Le hasard est un \u00e9v\u00e9nement situ\u00e9 \u00e0 la marge de la raison. Le hasard est en relation avec l\u2019inconnu \u00bb (Id.). Ou encore l&rsquo;art total : \u00ab [l]\u2019Art total est la r\u00e9ponse de la classe ouvri\u00e8re au projet de r\u00e9volution totale qu\u2019elle porte \u00bb (Gabriel Cond\u00e9, \u00ab Proletkult. D\u00e9passer l\u2019avant-garde \u00bb ; cette d\u00e9fnition, fausse historiquement, n&rsquo;en reste pas moins stimulante pour l&rsquo;esprit).<\/p>\n<p>Ce qui rend cette revue pr\u00e9cieuse, c&rsquo;est sa volont\u00e9 de se situer toujours du c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;une \u00e9rudition qui soit \u00e9clairante, c&rsquo;est-\u00e0-dire propre \u00e0 d\u00e9figurer, par ses \u00e9clairs, la nuit commune. Ainsi, Rosa Piro, dans \u00ab Pour une cartographie de l\u2019\u00e2me : la physiognomonie dans une traduction italienne m\u00e9di\u00e9val \u00bb, nous rappelle combien le visage a de tout temps \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 comme \u00ab l&rsquo;image de l&rsquo;\u00e2me \u00bb, ainsi que l&rsquo;a proclam\u00e9 \u00e0 deux reprises au moins Cic\u00e9ron (dans De oratore et dans Orator : \u00ab l\u2019imago animi vultus est \u00bb). En sachant que c&rsquo;est peut-\u00eatre Leonardo da Vinci qui, dans Codice Atlantico, a le mieux synth\u00e9tis\u00e9 cette conception, en \u00e9crivant que \u00ab l\u2019\u0153il est la fen\u00eatre de l\u2019\u00e2me \u00bb (\u00ab l\u2019occhio \u00e8 la finestra dell\u2019anima \u00bb), pr\u00e9figurant (par exemple) Fechner et son \u00e9trange mais savoureuse Anatomie compar\u00e9e des anges.<\/p>\n<p>Si le visage est la porte ouverte sur l&rsquo;\u00e2me, ce qui permet d&rsquo;envisager le grain de celle-ci le plus certainement, c&rsquo;est bien la musique. Aussi, de ce num\u00e9ro de Gruppen, l&rsquo;on retiendra surtout toute la partie consacr\u00e9e \u00e0 la musique. Gr\u00e2ce \u00e0 Ilan Kaddouch, la musique du compositeur Fausto Romitelli nous parvient avec plus de clart\u00e9. Cette recherche d&rsquo;une \u00ab nouvelle efficacit\u00e9 perceptive \u00bb (puisque notre \u00e9poque n&rsquo;a pas \u00ab invent\u00e9 de nouveaux syst\u00e8mes \u00bb) devient tangible par les mots du critique. Cette fa\u00e7on en l&rsquo;occurence de placer \u00ab le corps au centre de l\u2019exp\u00e9rience musicale \u00bb. Par cons\u00e9quent, ce compositeur peut \u00eatre rapproch\u00e9 de Micha\u00ebl L\u00e9vinas qui rappelle son int\u00e9r\u00eat pour l&rsquo; \u00ab au-del\u00e0 du son et de sa mat\u00e9rialit\u00e9 \u00bb, dans un entretien \u00e9clairant non seulement sur la fa\u00e7on qu&rsquo;il a eue de nourrir de l&rsquo;int\u00e9rieur l&rsquo;\u00e9cole spectrale mais \u00e9galement sur l&rsquo;ensemble de son travail : \u00ab J\u2019\u00e9tais en qu\u00eate du merveilleux, de l\u2019\u00e9blouissement, et de l\u2019\u00e9branlement sonore. Pour moi cela impliquait de ne pas tout ramener \u00e0 une cellule g\u00e9n\u00e9ratrice initiale que constituerait le timbre. J\u2019ai beaucoup travaill\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque sur le souffle, la vibration par sympathie, et la chim\u00e8re sonore qu\u2019induit la synth\u00e8se de croisements op\u00e9r\u00e9s entre l\u2019instrument et la voix \u00bb.<\/p>\n<p>Les dessins presque politiques de Dan Perjovschi et \u00ab Le [polys\u00e9mique] babil du b\u00e9b\u00e9 froid \u00bb de Laurent Jarfer apportent l&rsquo;ouverture indispensable au po\u00e9tique, par-del\u00e0 le th\u00e9orique. Et le texte de Charles Pennequin : \u00ab Putain de lecteur \u00bb, qui constitue l&rsquo;offensif prologue de ce num\u00e9ro de la revue (le pla\u00e7ant ouvertement dans la lign\u00e9e des Fleurs du Mal et surtout des Chants de Maldoror), doit \u00eatre fortement rapproch\u00e9 du dernier livre de cet auteur, vraie claque pour le lecteur. Qui fait l&rsquo;\u00e9branlement sonore de tout l&rsquo;\u00eatre, l&rsquo;\u00e2me r\u00e9duite \u00e0 un petit esquif de papier m\u00e2ch\u00e9, voguant pour o\u00f9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0Gruppen n\u00b06 par Matthieu Gosztola &nbsp; Revue int\u00e9ressante qui vise \u00e0 rapprocher les champs de r\u00e9flexion, ainsi que les arts, et \u00e0 faire en sorte que les uns et les autres, dans leurs rythmes et leurs sens propres, s&rsquo;\u00e9lucident mutuellement. \u00c0 cet \u00e9gard, la fa\u00e7on qu&rsquo;a S\u00e9bastien Mirav\u00e8te de rapprocher Bergson et Kaddouch (p\u00e9dagogue et [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":8834,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[22],"tags":[107,216,218,500,219,233,108,459,71,84,501,217,90,133,220],"class_list":["post-4249","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-media-internet","tag-bartolome-ferrando","tag-charles-pennequin","tag-dan-perjovschi","tag-fausto-romitelli","tag-gabriel-conde","tag-gruppen-editions","tag-gruppen-n6","tag-henri-bergson","tag-ilan-kaddouch","tag-laurent-jarfer","tag-matthieu-gosztola","tag-michael-levinas","tag-philosophie","tag-robert-kaddouch","tag-rosa-piro","tagmedia-gruppen-6"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revuegruppen.com\/gruppen\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4249","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revuegruppen.com\/gruppen\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revuegruppen.com\/gruppen\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revuegruppen.com\/gruppen\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revuegruppen.com\/gruppen\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4249"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.revuegruppen.com\/gruppen\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4249\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10157,"href":"https:\/\/www.revuegruppen.com\/gruppen\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4249\/revisions\/10157"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revuegruppen.com\/gruppen\/wp-json\/wp\/v2\/media\/8834"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revuegruppen.com\/gruppen\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4249"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revuegruppen.com\/gruppen\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4249"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revuegruppen.com\/gruppen\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4249"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}